vendredi 15 juin 2018

"Le secret du rocher noir"

Le secret du rocher noir
Joe Todd-Stanton, éd. L'école des loisirs, dès 5 ans.


La curiosité, le courage et la détermination d'une petite fille pour lutter seule contre les préjugés aveugles des adultes. Erine vit dans un port de pêche avec son fidèle chien Archie et sa maman marin-pêcheur. Elle est fascinée par la mer, sa faune et toutes les beautés qu'elle renferme mais surtout par le rocher noir. Elle voudrait tant accompagner sa maman dans ses sorties en mer mais elle est trop petite. Toutes sortes d'histoires effrayantes sont colportées par les adultes à propos du rocher noir: il change sans cesse de place et réduit tous les bateaux qui s'en approchent en miettes avec ses récifs pointus comme un espadon.




 Un jour cependant, elle découvre l'incroyable vérité sur le rocher. Bien sûr les adultes ne la croient pas et veulent le détruire. Elle décide alors de protéger son nouvel ami coûte que coûte.
De superbes illustrations pour un conte qui fait grandir et montre aux enfants que même le plus petits des êtres peut se faire entendre et que son courage peut changer le cours d'une histoire!



"Une super histoire de cow-boy"

Une super histoire de cow-boy
Delphine Perret, éd. Les fourmis rouges, dès 5 ans.


Pas facile le métier d'auteure quand on doit illustrer l'histoire violente d'un cow-boy sale, puant, cruel, et dépravé , un malfrat criminel, bagarreur et injurieux MAIS qu'il s'agit d'un album jeunesse (donc politiquement correct) où il faut être poli, ne pas effrayer les enfants, montrer le bon exemple, ne pas être sexiste et respecter les différences de chacun!
Alors, ben... on dessine un singe avec une banane qui fait de l'aérobic avec une autruche et si en plus l'illustratrice ne "sait pas très bien dessiner les chevals", alors là, on est vraiment mal barré! 



Une super histoire de cow-boy dans un album complètement loufoque!



"Le secret"

Le secret, Émilie Vast, 
éd. MeMo, dès 3 ans.


Bon, j'adore Émilie Vast, la délicatesse de son trait, sa poésie stylisée, son amour de la nature qu'elle s'efforce de partager avec les enfants 
Ici, sur un mode répétitif tant apprécié des petits, elle nous narre un secret de la forêt. Un secret chuchoté de museau, de bec et de mandibule à oreille, qui parcoure à coup d'étonnement et d'émerveillement les animaux des bois. Mais quel est ce secret? Le plus doux, le plus mignon de tous, bien sûr!







À savoir pour les fans inconditionnels que les illustrations de cet album se retrouvent sur un magnifique service pour enfants à la faïencerie de Gien. Rhaaaa...













"Dragons amoureux!"

Dragons amoureux!
Alexandre Lacroix & Ronan Badel, 
éd. Père Castor, dès 4 ans.


quand on naît dragon, déclarer sa flamme s'entend plus au propre qu'au figuré et c'est bien là tout le problème car comment sa belle (surtout quand elle est humaine) ne pas incendier? Les dragons ne sont peur-être pas habituer aux câlins et à la tendresse mais ce ne sont pas moins des chevaliers servant pour autant! Quant aux bisous... et bien, il suffit d'attendre que les naseaux refroidissent!




Un conte tendre et drôle sur cette première fois si importante dans la vie d'un enfant! Et puis, avec un papa solo, une intégration raciale dragons- humains réussie et une petite fille qui n'a pas froid aux yeux et prend les devants, en voilà un conte bien dans l'air du temps!

"Les voisins"

Les voisins
Einat Tsarfati & 
Rosie Pinhas-Delpuech (traduc de l'hébreu), 
éd. Cambourakis, dès 4 ans.


Une petite fille habite au dernier d'un immeuble de sept étages et à chaque étage, il y a une porte différente: la première est pleine de verrous et cadenas, la deuxième a toujours des traces de boue, une roue est posée contre la troisième, à la quatrième la lumière s'éteint, la cinquième sent le poisson à plein poumon et de la sixième s'échappe de la musique. Et derrière ces portes qu'y a-t-il? Des familles excentriques, des célibataires exubérants, des couples extraordinaires comme seul l'imagination sans limite d'une petite friponne rousse peut créer!


 Il n'y a que chez elle au septième que tout est normal, banal, ennuyeux! À moins que...



"L'école, maman & moi"

L'école, maman & moi, Clothilde Delacroix, 
éd. Seuil Jeunesse, dès 6 ans.


Ouuuh... ça sent le vécu, ça! Je pense que l'auteure a dû noter au fil des années les perles de sa fille Sidonie (à qui l'album est dédié), y ajouter sa touche d'humour décalé, bien secouer et nous livrer un ensemble de scénettes qui parleront à tous les parents. Et j'avoue que j'admire cette maman lapin solo au look destroy avec son éternel t-shirt noir tête de mort qui gère avec flegme et dérision farfelue une petite fille aussi barrée qu'elle!
La petite lapine nous raconte l'école, se souvient du premier jour à la maternelle, de la jungle des récrés et des stratégies pour y échapper, du soudoiement à coup de biscuits pour se faire des amis, du CP et des règles à connaître pour y survivre, de l'interrogatoire maternel de fin de journée, de la cantine, des fournitures scolaires et du problème des affaires qui disparaissent. Ses confidences sont illustrées de scènes avec phylactères sur un mode qui rappelle un peu les Raoul de Michel Van Zeveren. 


L'école, ce n'est facile n'y pour la mère, ni pour la fille mais l'humour, la fantaisie, la complicité et la tendresse triompheront de tout! Et nous, on rigole beaucoup!

mercredi 6 juin 2018

"Miss Pook"

Miss Pook et les enfants de la lune
Bertrand Santini, éd. Grasset Jeunesse, dès 10 ans.


Le contexte historique est planté: Paris, 1907, les bureaux de Gustave Eiffel font repeindre la tour éponyme en jaune brun, nous sommes en décembre et il neige. C'est le début de l'automobile et monsieur Dubenpré vient de s'acheter un splendide cabriolet Renault rouge foncé. Quant à madame Dubenpré, elle a trouvé la perle rare pour s'occuper d' Élise, leur fille de neuf ans. Ça commence donc un peu comme Mary Poppins avec l'arrivée par les airs de Miss Pook, une charmante gouvernante anglaise chapeautée et d'un curieux malaise qui frappe les autres postulantes et les élimine comme par magie. Puis l'on retrouve des petits airs de Miss Charity avec un humour acerbe que l'on a déjà dégusté dans Le Yark et la dénonciation moqueuse de ce qu'était la vie et l'éducation pour une petite fille dans une famille au tout début du XXème siècle et dont les géniteurs sont issus de la haute bourgeoisie.
Après avoir tissé une tendre complicité avec Élise, Miss Pook la convainc grâce à des révélations absurdes sur ses parents, de fuir sa famille et d'aller habiter avec elle sur la lune. Le récit tombe alors dans le fantastique et dans une aventure digne de Peter Pan c'est à dire avec ses rêves mais aussi avec ses monstres. Cela m'a aussi rappelé le premier ouvrage de science fiction connu à ce jour: Voyage dans la lune de Lucien de Samosate. Nous l'avions étudié au cours de grec et j'avais adoré la fantaisie des créatures imaginées par l'auteur syrien du IIème siècle (je me souviens qu'il y avait un endroit sur la lune où se trouvait les heures perdues).
Bref, sur la lune, la petite fille découvre la vraie nature de la soit disant gouvernante et rencontre des personnages issus de la mythologie et des contes qui vont la pousser à se surpasser, à chercher et à comprendre que Miss Pook lui a menti et qu'un complot se prépare. Réussira-t-elle à le déjouer? Le triomphe en sera- t-il véritablement un?  Le jugement ne sera-t-il pas trop rapide et la vérité trompeuse?
Un vrai voyage plein de surprises, d'imagination, d'humour (noir), d'enseignements et de sources de réflexion. Le vocabulaire est soutenu et l'auteur joue avec les mots (comme le langage de l'extra-terrestre) parce qu'il croit en l'intelligence des enfants et les tire vers le haut! J'ai même appris une nouvelle expression: "une voix de rogomme"!
La fin termine sur un retournement de situation et un suspens intolérable en la phrase fatidique:

FIN DE L'ÉPISODE I

Au fil des pages:

- Ces aventures ont révélé la force qui est en toi. Les cauchemars  ne sont pas aussi malfaisants qu'on croit. Bien au contraire! Il faut être à leur écoute. Ce sont de précieux alliés. Ils alertent des périls qui rôdent autour de soi mais aussi en soi! N'oublie jamais cela: si l'ombre et les ténèbres te font dresser les cheveux sur la tête, c'est pour mieux t'aider à grandir.