mardi 9 mai 2017

"Strada Zambila"

Strada Zambila, Fanny Chartres, 
éd. L'école des loisirs, coll. Neuf, dès 10 ans.


Premier roman de Fanny Chartres, la sœur de Marie Chartres dont les romans Comme un feu furieux et Les petits orages avaient été de grands coups de cœur. En lisant Strada Zambila, je me suis dit "Ok... on est tombé sur un nid de talents!", car Fanny nous offre un magnifique roman qui finalement nous parle d'amours. D'amours au pluriel, de tous les types d'amours.
D'abord, il y a l'amour parental qui pousse les parents d'Ilinca et Zoé à leur cacher la véritable raison de leur départ de Roumanie pour la France. Pour les protéger, pour qu'elles aient une enfance sereine, quitte à s'attirer les ires de leur fille aînée.
Puis, l'amour filial, celui des deux sœurs pour leurs parents dont  le départ et le manque est devenu insupportable, qui préfèrent vivre dans un deux pièces et la pauvreté que sans eux.
L'amour fraternel, ensuite, entre les deux sœur, si différentes et pourtant si indispensables l'une à l'autre. Illinca, l'aînée, calme et réfléchie qui intériorise sa colère jusqu'à ce qu'elle éclate avec la violence dévastatrice d'un ouragan et Zoé, la cadette, toujours joyeuse, positive, pleine d'énergie, un moulin à paroles, un soleil incarné, une petite fille "qui voit dans chaque matin une promesse de bonheur".
Ensuite, il y a l'amour des grands parents qui se sont installés rue Zambila avec leurs huit chats et qui veillent tendrement sur leurs petites filles et leur blessure d'abandon. Bunicu, chauffeur de taxi, mots croisés, blagues au bout de la langue et regard grave, interprète de sa femme, Bunica, emmurée dans son silence, les doigts toujours sur son tricot mais qui cache des petits mots pleins de sagesse dans les affaire d'Ilinca.
Il y a aussi l'amour d'Ilinca pour sa ville, Bucarest, à qui elle adresse des poèmes secrets et intimes. Et puis, lorsque le professeur de roumain propose aux enfants de participer à un concours d'arts plastiques, Ilinca fait équipe avec un élève de sa classe, Florin. Il écrira des poèmes sur les différents quartiers de la ville et elle prendra les photos. Ilinca découvre que le jeune garçon est rom, ce qui en Roumanie est un handicap. Ilinca découvre avec Florin une culture qui dément les clichés, elle se rend compte de la haine et des préjugés que la peau basanée de son ami déclenche. Pourtant, Florin est intelligent, sensible, prévenant, ouvert, compréhensif et ce qu'Ilinca découvre surtout avec lui c'est une amitié qui se mue timidement en premier amour.
Pour finir, il y a l'amour de l'art, subtile, avec la poésie (point d'ancrage commun aux sœurs Chartres) comme évasion, respiration, échappatoire, trait d'union. Et la photographie, enfin, témoin du manque, de la beauté, de la destruction et des preuves d'amour...
Et la boucle est bouclée.

"Le canard fermier"

Le canard fermier
Martin Waddell & Helen Oxenbury,
éd. Pastel, dès 3 ans.


L'union fait la force et à bas les paresseux! Non mais! Bien fait! Le fermier se la joue Alexandre le Bienheureux, du genre "je ne bouge pas de mon lit et c'est le canard qui fait tout le boulot à ma place".  Servir le gros patapouf au lit, aller chercher la vache au pré, ramener le mouton de la colline, rentrer les poules au poulailler, récolter les œufs, s'occuper du potager, faire la vaisselle... Pauvre canard, le burn out le guette! Il faut agir se disent les animaux de la ferme. Allez, hop, on secoue le sac à paresse, on le met en déroute et on prend le pouvoir. Serait-ce, en fait, une première petite leçon de politique?
Un classique de 1999 de L'école des loisirs réédité en tout carton chez Pastel.

"Krol, le fou qui ne savait plus voler"

Krol, le fou qui ne savait plus voler
Sigrid Baffert & Aurore Callias, 
éd. L'école des loisirs, coll. Mouche, dès 7 ans.


Krol plonge en fusée, à la verticale des flots, pour attraper un hareng et là, pouf! son aile lâche! Elle fait blop!, devient toute molle comme du camembert. Plus moyen de voler, à peine de nager jusqu'à la rive et de se traîner sur le sol. L'horreur totale pour un fou! Krol rencontre alors Oona, une petite fille à bottes jaunes et ciré bleu, Grand'pa, peintre myope qui roule en side-car et puis Grammy et ses aiguilles d’acupuncture. Krol est recueilli et ausculté par la drôle de petite famille. Son aile va bien biologiquement pourtant Krol ne sait plus la bouger. Et si c'était psychosomatique? Psycho...quoi? Et si cela avait à voir avec son ami partit à Edimbourg (cf Krol le fou) et le manque terrible qu'il ressent?

"- C'est comme si... le ciel avait rétréci et m'écrasait les ailes."

Mais Oona, son grand père et sa grand mère sont là et lui concoctent un joli programme pour le retaper: repos, art-thérapie, marche à pieds (ou à pattes palmées plus exactement), leçon de courage, méditation face à l'océan, confidence et ... amitié.


Une écriture vive, des dialogues pleins d'humour, des personnages drôles, attachants, émouvants et un sujet trop peu abordé: les blessures de l'âme qui empêchent d'avancer et le corps qui, par ses blocages, ses maladies, nous invite à nous poser, à nous interroger et à comprendre ce qu'on a du "mal à dire".
"Krol s'est interrompu, aussi surpris que soulagé.
- C'est fou ça... Je n'y avais jamais pensé. Ça fait du bien de parler."

dimanche 16 avril 2017

"Ma cabane de feuilles"

Ma cabane de feuilles,
Akiko Hayashi & Kiyoshi Saya,
éd. L'école des loisirs, dès 2 ans.


Tellement mignonne, cette petite fille qui se réfugie dans sa cachette du jardin, sa cabane de feuilles pour s'abriter de la pluie. Elle n'est pas la seule à chercher un abri, la mante religieuse, le scarabée, la coccinelle, le papillon, la fourmi, la grenouille et l'escargot aussi. La petite famille de la pluie!  Un contact respectueux et tout en douceur avec les petites bêtes du jardin.

"Dodo, Super!"

Dodo, Super!
Gwendoline Raisson & Ella Charbon, 
éd. L'école des loisirs, coll. Loulou & Cie, dès 2 ans.


Super est un petit loup. Il avait déjà du mal à se lever et il fallait une armada d'animaux turbulents pour l'y aider dans Debout, Super!. Et bien, pour s'endormir, Super a quelques difficultés aussi... Tout d'abord, les draps sont froids! Maman appelle les moutons (choooh choooh...). Ça ne suffit pas! Maman appelle l'ours (berce berce et chantonne). Toujours pas... Maman appelle le paresseux (gratte gratte le long du dos). Encore réveillé... Maman appelle les lapins (bisous bisous bisous). Pas tout à fait endormi... Reste les papillons de nuits (douce douce). Ça y est, Super est enfin tombé dans les bras de Morphée! Et mais, vous pouvez tous venir dans mon lit!

"Disparais!"

Disparais!
Michaël Escoffier & Matthieu Maudet, 
éd. L'école des loisirs, dès 3 ans.


Charlotte a de chouettes parents, elle les aime bien. Mais bon, ce sont des parents , quoi! Donc du genre, "fais ci, fais ça, fais pas ci, fais pas ça" et Charlotte, ce qu'elle veut, c'est faire ce qu'il lui plait. Alors, elle a une idée de génie: une boite de magie pour son anniversaire. Et là, POUF! Disparais maman! Et POUF! Disparais papa!


À Charlotte la belle vie, l'ivresse de la totale liberté! 


Et oui, mais après... Quand t'es crevée, que t'as mal au ventre, qu'on dirait qu'un tsunami est passé dans la maison, qu'il fait noir et que t'as un peu peur...?

Ps: merci d'avoir fait une famille mixte et une petite fille métisse sans que cela soit le sujet principal de l'album.

"Oh, hé, ma tête!"

Oh, hé, ma tête!
Shinsuke Yoshitake, 
éd. L'école des loisirs, dès 3 ans.


Maman m'a attrapé pour le bain, a tiré sur mon tee-shirt et là j'ai crié que je voulais finir de me déshabiller tout seul. Je n'aurais peut-être pas dû... Ça fait un petit temps que je suis coincé, là... Je pourrais peut-être resté comme ça jusqu'à la fin de ma vie, rencontrer d'autres enfants coincés, même devenir célèbre?


Ou peut-être pas... Il faut peut-être commencer par enlever le pantalon?
L'histoire d'un petit garçon en quête d'indépendance ou comment se transformer en chenille! Vraiment drôle!